Dans cette nouvelle édition de Raconte ton métier, Charlotte, enseignante en français en secondaire après un Master en Enseignement Section 3 option Français et Français Langue Étrangère (FLE) et d'Apprentissage (FLA), partage son quotidien de prof. Entre préparation de cours, gestion de classe, corrections et projets pédagogiques, elle revient sur un métier exigeant mais profondément humain, où la relation aux élèves et la transmission occupent une place centrale.

Un choix qui s’est confirmé dans la salle de classe

Charlotte, diplômée du Master en Enseignement Section 3 - Français et Français Langue Étrangère (FLE) / d'Apprentissage (FLA), est aujourd’hui professeure de français dans l'enseignement secondaire. « Dès le début, j’étais très à l’aise dans cette voie. J’avais cette impression de comprendre naturellement là où les profs voulaient nous emmener », raconte-t-elle. Une évidence qui s’est construite progressivement, notamment à travers ses stages de terrain.

« C’est vraiment quand tu es face aux élèves que tu sais si ce métier de prof est fait pour toi. Avant ça, on peut imaginer, projeter… mais la réalité du terrain change tout. »

Une semaine rythmée entre cours, projets et corrections

Le quotidien d’une enseignante en secondaire est structuré, mais loin d’être monotone. Charlotte décrit des journées bien remplies, entre cours, accompagnement des élèves et tâches annexes : « J’ai des journées qui commencent à 8h30 et finissent vers 16h, avec parfois des après-midis libres, mais qui sont occupés par des réunions, des rattrapages ou des projets. »

Le travail de prof ne s’arrête pas à la sortie de la classe. « Les corrections prennent beaucoup de temps, surtout en français. C’est une charge invisible importante qu’on sous-estime souvent », souligne-t-elle.

Le cœur du métier : créer du lien et ouvrir des horizons

Au-delà de l’enseignement de la langue, Charlotte insiste sur la dimension humaine essentielle de sa profession. Ce qu'elle préfère au quotidien, c’est le contact authentique avec les adolescents et le fait de leur ouvrir des portes.

Elle évolue aujourd'hui dans une école marquée par une grande diversité de profils, ce qui enrichit considérablement les échanges en classe : « On apprend énormément d’eux aussi. C’est un vrai aller-retour. Ils me font découvrir des choses que je ne connais pas, et inversement. »

Une rencontre, un déclic : quand la culture s'invite en classe

Parfois, ces échanges entre la professeure et ses élèves prennent une dimension humaine très forte. Charlotte se souvient avec émotion d’un adolescent à qui elle avait fait découvrir un artiste lors d'une activité didactique en classe :

« Il est venu me voir en me disant qu’il avait écouté la chanson toute la nuit et qu’il voulait absolument aller le voir en concert. Quelques jours plus tard, il est revenu avec ses protège-tibias personnalisés à l’effigie de cet artiste ! »

Une vocation qui prend tout son sens à travers ces moments de partage hors du temps.

Pourquoi choisir l’EPHEC pour devenir enseignant ?

Pour Charlotte, la formation reçue au sein du secteur Éducation joue un rôle pivot dans la préparation aux réalités des établissements scolaires. Elle sépare son expérience en deux axes :

La force académique

« On est très bien formés sur la didactique, la création rigoureuse de cours et la gestion fine des apprentissages face aux classes. »

La réalité du terrain

« On est parfois moins préparés à la charge administrative ou aux réunions de parents. Ça, on l’apprend surtout sur le terrain. »

Elle insiste néanmoins sur la grande qualité de l’accompagnement pédagogique sur le campus : « Les enseignants qu’on a eus étaient passionnés et très différents. Ça permet de voir plusieurs façons d’enseigner et de construire progressivement la sienne. »

Un métier en constante évolution

Comme beaucoup d’instituteurs et de profs en Fédération Wallonie-Bruxelles, Charlotte observe les mutations de son secteur. « En ce moment, il y a beaucoup de réformes et ça crée pas mal d’incertitude. L’ambiance est plus stressante qu’avant », constate-t-elle.

Malgré les difficultés, sa motivation reste intacte : « Même si tout n’est pas simple, je sais que c’est le métier que je veux faire. C’est une vocation qui ne change pas. » Pour être prof, elle estime qu'il faut fondamentalement garder une vision positive du monde.

En quelques mots...

Au final, Charlotte résume son quotidien en trois mots simples et puissants : transmettre, accompagner et apprendre en retour. Un équilibre parfois fragile mais essentiel, qui fait de l’enseignement bien plus qu’un simple métier : une véritable rencontre quotidienne avec l’autre.

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